À la découverte de l’Asie (Shanghai et Hangzhou)

par | Juin 19, 2017 | Voyages, Asie | 1 commentaire

Pourquoi Shanghai ?

J’ai souhaité partir à Shanghai pour retrouver mon amie Marina qui faisait sa 3ème année d’étude là-bas. À cette occasion, je découvrais aussi un endroit du monde qui m’était totalement inconnu. Loin de ma zone de confort qu’est l’Europe, les sentiments de peur et d’excitation m’animaient paradoxalement. J’allais voir de mes propres yeux la skyline de Pudong que j’admirais sans cesse dans mon livre d’histoire-géo au lycée. Mais j’allais aussi être au beau milieu d’une immense ville avec ses millions d’habitants. Au-delà de l’architecture et de la longue histoire que pouvait avoir la Chine, je ne savais absolument rien sur la culture chinoise et sa société. Finalement, je suis partie seulement pour revoir mon amie et réaliser mon rêve d’ado.

Les premières 24 heures, ce rêve éveillé

Mes premiers pas n’étaient pas de tout repos car je devais me rendre seule à l’appartement. Une vraie aventure quand on n’a pas dormi depuis 24 heures et qu’il y a des caractères chinois quasiment partout. Première étape : le MAGLEV. Ce train qui rejoint la ville en 8 minutes avec une vitesse pointant les 300 km/h. Placé sur des pilotis, il ne roule pas sur des rails mais glisser sur un tapis. L’impression d’être dans un monde futuriste me gagnait fortement. Jusqu’à ce que je découvre le métro shanghaien. Passons mon aventure avec ma carte bancaire et intéressons-nous ) la ligne la plus bondée : Ligne 2. Il a fallu attendre 5 métros pour que je puisse entrer. Non sans mal, je réussis à me faufiler, poussée par la foule derrière moi et dirigée par ceux qui étaient déjà à l’intérieur. Une illustration parfaite d’une cacophonie et d’un entassement d’humains. Soudainement, je me suis sentie totalement étrangère, absolument sans repère et seule. Mais derrière ces sentiments de solitude, j’appréciais de voir que je pouvais aller où je voulais, que j’avais réussi les 3/4 du trajet et qu’autour de moi se dressait une société nouvelle, des paysages nouveaux, autrement dit l’inconnu que je recherchais. Je voyais certains chinois me regardaient avec insistance, me scrutant de la tête aux pieds. Et même si mon regard croisait le leur, ils ne détournaient pas le regard. Je ressentais ce statut d’étranger mais au final, c’était ce à quoi il fallait que je m’attende en dépassant la frontière de l’Europe. Le changement de la ligne 2 à la ligne 8 fut impressionnant. Presque une dizaine de minutes à marcher dans des tunnels sous-terrain qui ressemblaient plus à une ville sous une ville. À côté de l’immeuble où logeait Marina, il y avait un grand chantier. Je fus surprise de voir que les ouvriers avaient transformé leurs algecos en logement, et qu’ils vivaient là-bas jour et nuit. En arrivant, je méritais une bonne douche et une sieste pour récupérer. Je m’endormis très facilement mais néanmoins avec une appréhension. Celle de ne pas réussir à m’adapter à cette ville qui m’avait montré en si peu de temps, une folie à part entière.
En me réveillant, je retrouvais enfin mon amie que je n’avais pas vue depuis 9 mois. Nous sommes allées au centre commercial Joy City qui se trouvait juste à côté. Sur le toit, j’apercevais une grande roue. Après un premier repas typiquement chinois – bo bun -, nous sommes allées du côté de Pudong, en haut de la Shanghai Tower. La vitesse de construction de ce quartier est impressionnante. Au rez-de-chaussée, une timelapse remontant à 2000 nous montraient les géantes tours se construire année par année. En quelques secondes, nous montons 546 mètres, soit 118 étages. Par chance, la vue était parfaitement dégagée. La vue s’étendait à perte de l’horizon. Pendant 2 heures, nous avons scrutés les différents panoramas que nous offraient cette vue 360°.
Le soir, nous sommes allées chez Lou, une étudiante en Sciences PO qui a décidé aussi de faire sa 3ème année ici. J’ai pu rencontrer le reste de la bande, eux aussi dans la même promotion. Mathilde, Salomé, Charlotte, Mathias, Arnaud et Juliette. Une bande de copains qui m’a de suite intégré à leur bande. Puis nous avons filés au Bar Rouge, un bar où il faut soit un mot de passe pour entrer, soit un look « potable ». Alors que je croyais que mes premières heures étaient les plus folles, j’entrais dans un bar situé sur un rooftop avec une vue imprenable sur les tours de Pudong. Ce soir là, il y a eu un défilé Lacoste, les verres étaient gratuits et illimités pour les filles jusqu’à 23h (le 2ème combat de la journée après le métro !). Il y avait beaucoup d’expatriés dans ce bar. Voir quasiment tous l’étaient. J’apprenais que beaucoup d’hommes mûrs essayaient d’attirer d’innocentes filles pour « pé-cho ». Les mêmes histoires se répétaient chaque soir dans ce bar : de riches expatriés qui commandent du champagne, qui réservent des canapés, des hommes mûrs qui draguent des jeunes filles, des milliers de verres qui se vident, des filles qui cherchent de l’attention, les serveurs qui amènent des bouteilles de champagne avec des bougies de bengal et… des nouveaux visiteurs qui découvrent pour la première fois cet endroit comme moi. Je me suis remémorée mes heures d’histoire-géo où je me disais secrètement que j’irais là-bas. Et ce soir, je venais de réussir ce petit rêve.
En sortant du bar, je voyais des gens courir littéralement vers les taxis. Je compris qu’ils étaient une perle rare à cette heure-ci malgré leur bon nombre. D’ailleurs, jamais je ne le prendrais tant que je ne parlerai pas un minimum chinois. Certains chauffeurs se font un malin plaisir de faire semblant de ne pas vous comprendre afin de faire des détours. La course aura coûté au total 21 kuais chacun. Soit 3 euros. Il est 1h du matin. Deux jours que je n’ai pas eu de vraie nuit mais je relativise en voyant ces ouvriers voisins travailler sans protection sur eux. Et contrairement à eux, même si je n’ai pas dormi depuis 48 heures, mes dernières 24 heures étaient un rêve éveillé.
ITINÉRAIRE DU JOUR : Centre commercial Joy City — Shanghai Tower — Starbucks au centre commercial Super Brand Mall — Appartement de Lou — Bar Rouge.

Vendredi : Un weekend à Hangzhou

Notre petit-dej se passa à Wagas, une chaine de restauration qui fait des repas #healthy. Mathilde m’a proposé de goûter une gaufre hongkongaise. On peut les manger nature ou garnie. Clairement, c’est LA révélation culinaire côté sucré de mon périple. Il faudrait absolument importer ce concept en France même si j’ai trouvé un endroit sur Lyon qui en proposait des similaires ! – Coucou la Maison LENA – En plus, c’est beaucoup plus simple à manger que nos gaufres classique. Nous avons pris le métro pour rejoindre la gare ferroviaire de Shanghai. J’étais quasiment sûre que cela ne ressemblerait en rien à nos gares françaises mais loin de deviner à quel point c’était géant. Les plafonds étaient très hauts, les publicités énormes, les murs paraissaient interminables. Ce flux de gens rendaient le tout encore plus immense. Nous devions faire la queue aux guichets car il n’y a que les chinois qui peuvent acheter leurs billets via une borne. Le reste est obligé de passer par des guichets afin de se faire contrôler et d’obtenir les billets à leur nom. Une sécurité en plus des portiques avant d’entrer au centre de la gare. Une fourmilière géante grouillait dans la gare où les places assises étaient impossible à trouver. Ce n’est pas du tout comparable à Paris ou Lyon qui peuvent être noire de monde. Pour la simple et unique raison que les gares chinoises restent noires de monde alors que leur superficie font le triple. Des files d’attente se dessinaient à l’entrée de certains quais qui allaient bientôt ouvrir. Peu de temps après m’être installée dans le train, j’apercevais le smartphone d’un homme de devant, se lever. À l’écran, lui en train de faire un selfie. Un selfie habituel jusqu’à ce que je remarque qu’il levait de plus en plus l’écran pour avoir mon amie et moi-même dans le cadre. Marina s’est glissée en bas de son siège pendant que je rigolais de la scène. Une scène qu’on m’avait prévenue mais que je pensais à peine croyable. Accompagnée d’Arnaud, Mathias, Lou et de Marina, nous avons rejoins d’autres camarades de Sciences Po. Une autre Juliette venant de Pékin et Ophélie qui faisait ses études ici-même à Hangzhou. C’était elle qui avait planifié de A à Z notre weekend. Nous avons contournés une bonne partie du Lac de l’Ouest en allant sur une sorte d’île accessible par un pont. Des baraques partout sur le lac ainsi que les montagnes et une pagode en arrière-plan me donnaient un paysage typiquement asiatique et simplement magnifique. Parfois, je croisais des petits enfants chinois avec un trou sur leur pantalon au niveau des fesses. On m’expliquait que c’était pour qu’il fasse caca plus vite. À 10000 km de chez moi, il est clair que je risquais de renconter des choses étonnantes. Après ce grand tour, nous sommes revenus sur nos pas. Durant notre longue promenade, j’ai pu discuter avec Ophélie qui m’a raconté son premier jour ici. Elle aussi a vécu quelques galères. Plus compliquée que celle que j’avais vécu la veille. Finalement, j’ai relativisé et compris que lorsqu’on veut voyager, on doit être aussi prêt à accepter ce genre de mésaventure. Ophélie nous a amené dans son restaurant favori : Kuiyuanguan restaurant. Ils servaient des bouillons de nouilles extrêmement délicieux. Une serveuse nous a installé sur la dernière grande table où une vieille femme attendait son plat. La vieille femme a commencé à discuter avec Lou et me regardait aussi. Paniquée, je disais à Lou de lui dire que je ne comprenais absolument rien. Cette vieille femme disait à mon amie que j’étais belle et est partie sur une autre table pour nous laisser davantage de place. Nous avons regagnés l’auberge (120 kuais les 2 nuits) en bus, toujours aussi bondé malgré l’heure tardive. Le ticket de bus coûtait 2 kuais. Pour payer, il fallait déposer ses pièces dans une boite qui n’était même pas contrôlée et prendre un ticket. Le chauffeur ne regardait pas et nous pouvons donner au final ce que nous voulons.
ITINÉRAIRE DU JOUR : Petit-Déj à Wagas – Départ sur Hangzhou – Lac de l’Ouest – Restaurant Kuiyuanguan – Fiona’s Trip Youth Hostel
Samedi : Hanghzou, la suite
C’était la 1ère fois que je dormais dans une auberge de jeunesse. Et cette 1ère expérience fut totalement dépaysante. On faisait la toilette dans de minuscules vestiaires à l’extérieur de nos chambres, où des insectes venaient se coller aux lumières ou aux parois des murs la nuit. Dans un dortoir pour 8 personnes, la nuit fut paisible avec le ronflement de la clim. Pour compléter la chambre, un étudiant chinois dormait avec nous. Il dormait à côté de moi, la personne la plus à même de lui répondre en cas de besoin. *rire* Après un bon petit-déjeuner pour 25 kuais, nous sommes partis à la Pagode des Six Harmonies à pied. Après une bonne grosse heure de marche, je voyais de près un monument sacré chinois. Je ressentis de plus en plus le climat humide et chaud. Et qu’est-ce que j’ai sué ! -Mais force d’adaptation, la fin de mon séjour fut davantage plus tranquille.- Nous commencions par le jardin entourant la Pagode. À travers les chemins en pente, il y avait une multitude de pagodes en miniature. Arnaud m’expliquait qu’on en retrouvait partout en Chine.
Nous avons grimpés les 8 étages de la très rustique Pagode des 6 harmonies ( appelée Liuhe Pagoda en chinois) pour profiter de la vue sur Hangzhou. Nous avons continuer à pied jusqu’au chemin menant au village de thé, Longjing. Une grosse heure à galoper à travers les champs de thés. Parfois un petit courant d’eau coupait le chemin mais de gros rochers plats étaient posés pour qu’on puisse s’en servir comme pont. Les récoltes de thés étaient déjà effectuées sinon nous aurions fait cette expérience. Nous nous sommes arrêtés dans un restaurant dans le village où nous avons commandés 7 plats pour 200 kuais. Durant le festin composé d’aubergines, de riz, de poissons, de céleri, de patates et d’omelettes, j’ai questionné mes camarades sur la Chine. Pourquoi les Chinois ne sont-ils pas gros alors que de nombreux plats sont frits ? On me répondit par plusieurs hypothèse. Qu’ils ne buvaient pratiquement pas d’alcool, qu’ils ne mangeaient pas de snack sucrés mais nature comme du maïs, qu’ils ne mangeaient pas de dessert. Notre conclusion venait de leur hygiène de vie qui est complémentaire à leur alimentation. Puis nous avons continués sur l’enfant unique, ancrés dans les familles chinoises.
Nous regagnons le centre d’Hangzhou en bus en descendant toute la côte que nous avons mine de rien monté. Le bus était remplie au point que chaque mètre carré fut occupé. Durant le trajet, j’observais à la fois le paysage mais aussi les chinois à l’intérieur. En dehors du fait qu’ils parlaient très fort et se poussaient pour entrer ou sortir du bus, je remarquais qu’ils n’avaient aucune gène à se parler entre eux sans se connaître. Si je n’avais pas vu ces gens rentrés individuellement dans le bus, j’aurai pu croire que ce bus était constitué d’un groupe organisé de touristes chinois. Après une longue halte dans un café pour se ressourcer (je tiens à avoir ma revanche au baby-foot, Mathias!), nous avons longés les rues commerçantes qui menaient jusqu’à la rue piétonne de Qinghefang. Sur le trajet, je découvrais une mosquée chinoise, des commerces, des bars et je fus inviter à goûter une espèce de pâte ronde à la noix de coco. Dans une rue annexe de la rue piétonne, il y avait un passage minuscule où des vendeurs cuisinaient et vendaient leurs nourritures dans des petits shops tous similaires. Après que chacun ait pris ce qu’il souhaitait, nous avons longés la rue principale, qui parfois sentait le tofu puant (figure dans mon top 10 des pires odeurs). Entre temps, j’ai pu goûter une gaufre hongkongaise garnie de glace, d’oréos et de coulis de fraise. La mangeant assise par terre avec Marina, nous étions l’oeuvre d’un spectacle pour les chinois. (s’asseoir par-terre ne se fait pas du tout en Chine. Et ils n’étaient encore moins gênés de vous fixer !). Nous sommes allés dans une boutique de thé où Marina avait pour habitude d’en prendre là-bas. La commerçante nous a proposé de goûter chaque thé afin de choisir lequel nous voulions. Le meilleur était proposé à 55 kuais pour 200g. Le retour en bus fut encore plus serré que la veille, et certains chinois n’hésitaient pas à pousser ceux vers les entrées pour se faire une place. La soirée s’est terminée par plusieurs parties de loups-garous à l’auberge. Et si je peux vous donner un conseil, sauvez vos fesses si vous êtes le sauveur sinon on finit toujours par vous tuer !
ITINÉRAIRE DU JOUR : Pagode des 6 harmonies et son jardin – Village de Thé Longjing – Arrêt dans un restaurant du village – Retour sur Hangzhou – Balade dans les rues jusqu’à la rue Qinghefang
Dimanche : Dernier jour à Hangzhou
Le matin, la route où venait le bus était coupée. Nous devions allés à pied jusqu’aux embarquements afin de rejoindre le three pools mirroring the sun. Faute de traduction, c’est le nom d’un endroit très connu à Hangzhou. 30 minutes de marche à côté d’une route principale bondée de voitures. J’ai eu pour la 1ère fois et la dernière durant mon séjour, quelques peines à respirer à cause de la pollution. Durant mon trajet, je discutais avec Arnaud au sujet de l’économie chinoise. Puis nous parlions des vélos urbains. Ofo, Hellobike, ces multitudes d’entreprises de vélos libres qui gagnent Shanghai et probablement le reste de la Chine. Un meilleur concept que nous puisqu’une fois le vélo loué, on le garde. Il se verrouille tout seul, et donc pas besoin de chercher une station pour le garer !
Pour rejoindre l’île, comptez 30 kuais et 5 minutes sur un bateau. En sortant, une femme essayait de me prendre en photo avec Ophélie. Et un second photobomb ! (C’est mieux ça qu’une photo bien moche de moi *rire*). Sur l’île, il y avait 4 étendues d’eau formés par des chemins et des ponts. Je croisais un dessinateur de portraits qui attiraient de nombreux des touristes. Je n’avais jamais vu auparavant de si gros poissons rouges. Ils pouvaient faire 20 cm facilement. Le paysage m’apaisait malgré la forte chaleur et le flux massif de touristes. La nature était très verte, les nénuphars sans égratignure temporelle, les inscriptions chinoises et les formes relevées des toits formaient un tableau asiatique. Nous nous sommes assis au bord d’un pont les uns à côté des autres. Plusieurs chinois sont venus nous prendre en photo sans nous demander. Une femme a même demandé à sa fille de se mettre devant nous, comme si nous étions Mickey Mouse à DisneyLand. Mes camarades n’étaient plus étonnés par ce spectacle. Moi non plus, sachant que juste avant, des touristes avaient enrôlés Juliette pour la prendre en photo sans forcément lui laisser le choix. Notre visite continuait au Temple Lingyin où étaient bâtis plusieurs temples. Au centre de l’enceinte, je voyais plusieurs chinois prier avec un bâtonnet d’encens. À l’intérieur des temples, des statuts géantes représentaient sans doute les dieux/figures bouddhistes. Les temples se visitent dans le sens du soleil, c’est à dire de gauche à droite. Au sommet des escaliers qui menaient à l’ultime temple, il y avait une magnifique vue sur la Pagode Leifang, le lac et la ville en arrière-plan. En redescendant, nous avons versé de l’eau sur une petite figure bouddhique. La seconde Pagode que j’ai visité est donc la Pagode Leifang. Celle-ci était beaucoup plus moderne (rénové en 2012), ce qui gâchait le charme authentique de ce monument. Au rez-de-chaussée, on pouvait voir les fondations de la tour où les touristes jetaient de l’argent comme on en jette au-dessus des ponts ou des fontaines. Les 8 étages pouvaient être montés par ascenseur (bonjour la file d’attente) ou par escalier. À l’arrivée, un panorama sur ce que nous avons visiter: le temple, three pools mirroring the sun, lac de l’ouest et la ville en arrière plan. Nous avons regagnés la ville pour s’arrêter dans un petit boui-boui où nous avons mangés une soupe aux algues en entrée et un Zhurou Shiguo Banfan, une spécialité coréenne. Après ce repas, il était temps d’aller à la gare pour retourner à Shanghai. Le contrôle de sécurité fut plus impressionnant qu’à l’aller car il y avait plus de 30 minutes d’attente pour passer les portiques. En même temps, nous étions à l’heure de pointe en fin de weekend. Le soir, j’ai suivi Mathilde pour nous prendre un Jidanchaomia dans un petit boui-boui voisin. Un délice pour 25 kuais, soit un peu plus de 2€ seulement. Pas cher et délicieux.
Je remercie Ophélie qui nous a organisé une belle excursion à Hangzhou. Une belle occasion de découvrir une autre ville chinoise autre qu’une des plus massives qu’est Shanghai. C’était aussi une chance pour moi d’être accompagnée d’étudiants vivant là-bas. Leur attrait pour l’Asie et leurs expériences ont transformé dès les premiers jours mon périple en une aventure exceptionnelle. Merci à eux ! (Ce n’est que le début des remerciements!)
ITINÉRAIRE DU JOUR : Three pools mirroring the sun – Temple de Lingyin- Pagotte de Leifang – Déjeuner dans un boui boui coréen – Retour à Shanghai
Lundi : Retour à Shanghai pour une semaine !
Ma première journée shanghaienne commençait seule puisque Marina était contrainte par ses cours. J’étais un peu stressée à l’idée de me déplacer seule. Marina m’avait acheté une carte de métro et me l’avait suffisamment rechargé pour la semaine. Je n’avais donc pas le soucis d’aller à une borne pour acheter des tickets. De plus, avec l’app Maps.me, j’avais un GPS sur Shanghai sans utiliser de data (il existe plusieurs apps de ce type). Je démarrais à Hong Kong Plaza pour retirer de l’argent (Ah cette fameuse histoire de banque!), ce quartier où les grandes marques se donnent rendez-vous. Le changement de ligne 1 à 10 était gigantesque. Largement plus grand et plus haut que le centre commercial La Part-Dieu à Lyon. J’ai filé jusqu’au Yu Garden en me perdant dans les allées de la Vieille Ville, ce quartier typiquement chinois mais trop neuf pour qu’on puisse croire en une « vieille ville ». Le quartier est très touristique et le Yu Garden rend cet endroit plus intéressant. Construit en plein milieu d’une ville qui ne dort jamais, le jardin donne un air reposant. À 11h, les touristes n’étaient pas trop nombreux, et je pue profiter tranquillement du cadre.
Marina m’a rejoint pour qu’on puisse manger dans une cantine située dans la Vieille Ville. Je n’aurai jamais pensé à un endroit pareil dans ses allées sauf si je comprenais leur fameuse écriture ! C’est la barrière qu’on rencontre le plus souvent à Shanghai, et en Chine plus généralement. Si on veut aller dans des endroits plus traditionnels, il faut y aller avec quelqu’un qui comprend un minimum le chinois pour une meilleure expérience. Après un déjeuner choisi par nos envies du jour, je suis allée au Temple Confucius. Je fus surprise par le changement radical entre les rues qui me menaient au temple. Je passais d’un grand axe routier à une rue très pauvre, où des petits commerces et des vêtements séchaient dans la rue. Sur une allée perpendiculaire, je fus étonnée de voir un semblant de bidonville avec des bâches en toiture. J’étais pratiquement seule à visiter le Temple, sous une chaleur de 30°c à 13h. Le cadre ne pouvait être plus beau sans ses touristes. Je me suis posée vers le petit coin d’eau près de la pagode et autour d’un bâtiment où je ne voyais que l’architecture rouge sur le sol blanc. Je savourai ces moments paisibles, plongées dans mes quelques souvenirs que j’avais déjà de mon voyage.
À pied, je me rendis au marché aux fleurs, aux oiseaux et aux insectes. Je retrouvais des rues très pauvres dont certains chinois vendaient ce qu’ils pouvaient aux pieds de leur immeuble. En entrant dans le marché, j’étais d’abord enchantée d’entendre le bruit des criquets jusqu’à ce que je les vois par centaine dans des boules ou des boites en plastiques. En quelques secondes, je m’imaginais déjà en train de courir si toutes les boites sautaient… Ce marché me laissa perplexe et un peu triste par ces tortues entassées, ces chats enfermés et ces grenouilles colorées.
Toujours à pied, je rejoignais le parc Taipingqiao. Je passais de rues très pauvres à des rues très riches en quelques mètres. Je croisais des écolières en uniforme, des chinois se réunissant pour promener leur chien. Couchée sur un banc, c’était l’heure d’un repos bien mérité. Le parc me protégeait des bruits de la ville. Je flânais un court instant vers Xiantiandi avant de rentrer à l’appartement. Le soir, je rencontrais Nelly, une amie de Mathilde qui venait lui rendre visite quelques semaines. Petit passage obligé sur le Bund où les grandes tours furent encore plus impressionnantes et m’écrasaient totalement. Nous sommes allées au Captain Bar toutes les 4 ainsi que Mathias et Juliette. Manger une pizza small (pas si small que ça) face au Bund, qui l’eut-cru ? Certainement pas moi.
ITINÉRAIRE DU JOUR : Shanghai Hong Kong Plaza – Yu Garden – Vieille Ville – Une cantine dans la Vieille Ville – Temple Confucius – Marché aux fleurs, aux oiseaux et aux insectes – Parc Taipingqiao – Xiantiandi – Captain Bar
Mardi
Le lendemain, je suis partie en direction de People Square où sont situés la Place du Peuple, le Musée de Shanghaï et le MOCA. Dans le métro, une mamie me faisait un peu de place pour que je puisse m’asseoir. Marina m’expliquait qu’elles aimaient bien avoir un occidental vers eux, se montrer accueillante envers nous. Le temps pluvieux était idéal pour visiter un musées aux alentours. Je traversais le parc, constamment nettoyé et animé par une musique. J’optais pour le Musée d’Art Contemporain de Shanghai où l’exposition Transmédia – Energy Field était exposée. Une exposition très intéressante sur les multitudes de perceptions existantes et pouvant exister. Marina me rejoignit pour manger un fameux bouillon de pâtes juste à côté du MOCA. Encore une fois, un délice pour si peu.
Je rejoignis Mathilde et Nelly à la Concession Ouest pour visiter ensemble le centre d’affiches de propagande. Sur le chemin pluvieux, Mathilde nous expliquait l’histoire de ce quartier et pourquoi on pouvait aussi l’appeler le quartier des platanes. Bien que Shanghai en soit décoré, ce quartier là en avait le plus et aucun chinois ne souhaitait les enlever au détriment de plus de place. Le Centre d’Affiches de Propagande est situé dans un sous-sol d’un immeuble où il serait impossible d’en connaître l’existence sans guide ou Internet. À l’intérieur, pas moins de 200 reproductions (et vraies) affiches des années 20 à 80. (Du moins environs à cette période). Mathilde nous expliquait différentes affiches (une vraie guide si passionnée!) et je me sentais subitement comme à l’école. Mais en mieux parce que je voyais les choses en vrai, elles étaient concrètement en face de moi. Du bout de mes doigts, je pouvais les toucher. Les étudiants des écoles d’art de Pékin, Shanghai, Hangzhou et Ghuanhziu ont créée ses affiches qui devaient être appréciées par la masse tout en répondant à la demande du gouvernement. Je comprenais d’où venait le caractère beau et travaillé de ces graphismes. Mathilde m’expliqua les affiches où l’on peut voir un livre dans l’espace avec la citation « Acknowledge is Power » faisant référence à Einstein, les colombes blanches sur la place Tien An Men en référence au massacre des étudiants. Mais j’eus aussi un coup de coeur sur les affiches envoyées en Occident, qui représentait Shanghai sous son meilleur jour, c’est à dire une ville portuaire et dynamique. À la fin de notre visite, je craquais pour 2 affiches et 4 cartes postales. Je ne pouvais pas partir sans ces affiches que je voyais depuis le lycée et qui sont vraiment belles et remplie d’histoire !
Nous avons continués notre balade au sein de la Concession Ouest où j’ai pu goûter sur le trajet un délicieux baozi (包子 en chinois). Ce « pain » délicieux qui enrobe de la farce animale ou végétale. Nous sommes retournées à l’appartement avant de filer au bar Unico où le thème tournait autour des mojitos gratuits (jusqu’à 23h) et de la salsa. Ce bar est connu pour que les expatriés viennent se retrouver. Nelly nous a fait un cours sur la salsa et nous étions demandées plusieurs fois par quelques hommes qui souhaitaient une danse. Au cours de la soirée, j’apprenais que l’homosexualité est dépénalisée depuis 2001 seulement. Mathilde m’exposa sa vision sur le point commun entre les Français et les Chinois. Que nous étions des noix de coco tandis que les Américains étaient des pêches. Une histoire de coque et de noyau dur qui illustre notre manière d’accorder notre confiance. Ceci reste une perception parmi tant d’autres. On dériva sur le travail en Chine où les lois allaient se durcir pour la venue des expatriés. Ah ce protectionnisme, il y a du bon comme des inconvénients ! Le soir-même, Mathias me parla du Xinjiang, cet endroit qui ne cesse d’être de plus en plus oppressé. Plongée dans les histoires contées et les anecdotes de mes compatriotes, je m’endormis avec ce sentiment que j’avais tant à découvrir sur le monde asiatique et que le monde occidental pouvait paraitre égoïste.
ITINÉRAIRE DU JOUR : People Square – MOCA – Centre d’affiches de propagandes – Balade dans concession Ouest – Bar Unico
Mercredi
Aujourd’hui j’allais visiter la ville avec Nelly. Nous passons notre matinée du côté de Jing’An, au Temple de Bouddha de Jade. Sur le chemin, je prie un milkshake de chez Hey Juice, une chaine de boisson #healthy qu’on retrouve souvent à Shanghai. Situé en pleine ville, l’arrière plan des temples rouges contrastés avec les grandes tours d’immeuble. Des bracelets aux perles de Jade étaient à vendre, des chinois priaient, des moines longeaient les temples tandis qu’un groupe de touriste français visitaient. Le coeur du temple était en rénovation et les hautes barrières me laissaient seulement voir les hautes têtes des géantes statuts bouddhiques.
Nous étions attendus à Modu Bazaar, un restaurant situé dans la Concession Française. Nous sommes passés devant le Temple Jing’An, qui n’est franchement pas fameux. Plus touristique qu’autre chose. Au restaurant, nous étions nombreux. Juliette, Arnaud, Mathias, Nelly, Mathilde, Marina, Lou et ses parents. Les serveurs nous avaient placés dans une petite salle où il est coutume d’installer une famille chinoise. Il y en avait plusieurs sur chaque étage. Nous commandons plusieurs plats qui étaient servis sur un plateau tournant intégré à la table. Ce fut un festin qui se termina par un grand milkshake aux fruits du dragon. L’après-midi, nous avons rejoint le parc Fuxing à pied avec Marina et Nelly. J’ai trouvé le meilleur endroit des gaufres hongkongaises. La première fois, le vendeur s’est loupé et a demandé à sa femme de le faire. En attendant, le second serveur nous proposait des morceaux de la 1ère gaufre raté et discutait avec Marina, la seule qui pouvait établir une conversation avec. *rire* Puis nous sommes passées dans une rue avec que des pavés. J’avais l’impression qu’on avait changé de ville en l’espace de quelques mètres. Dans le parc, il y avait plusieurs groupes de personnes plus ou moins âgés qui dansaient dans les allées sur des musiques traditionnelles. La musique d’un groupe voisins ne semblait pas déranger celui devant nous. Les Chinois sont vraiment en totale inertie. Dans le métro, chacun met sa vidéo/jeu en écoute forte. Et personne ne dit rien contrairement en France où on regarderait la personne jusqu’à ce qu’elle comprenne qu’elle dérange.
Avant de rentrer à l’appartement, je fis un tour au rez de chaussé et au -1 du centre commercial Xintiandi Style. Il n’y avait aucune marge pour les vêtements. Pas franchement intéressant même si certains modèles sont sympa. J’ai continué de flaner dans les magasins mais cette fois-ci à East Nanjing Road. Notamment à Mini So, ce magasin aux objets divers et variés à petit prix. Dans les boutiques de souvenirs, on retrouvait les mêmes souvenirs qu’un peu partout: des bracelets, des portes-clés, des figurines. N’hésitez pas à négocier les prix avec les vendeurs ! Pour la petite anecdote sur mes achats, aucun moyen de trouver un drapeau chinois en grandeur nature… Le soir, nous mangeons au restaurant Grandma’s House à Enjoy City avec Nelly, Mathilde, Marina et Ghislain, un colocataire français qui revenait en France le même jour que moi. Quelle coïncidence ! Et c’était reparti pour un énième festin. On m’avait prévenu sur la bouffe chinoise, de faire attention mais pour le moment, c’était un sans faute ! Le soir-même, Mathilde me proposa de lire Checkpoint de Jean-Christophe Rufin. Il parle de l’humanitaire. Prenant et véridique, il explique la complexité et les différentes perceptions sur ce sujet. (Merci Mathou !)
ITINÉRAIRE DU JOUR : Temple Bouddha de Jade – Temple Jing An – Restaurant Modu Bazaar – Parc Fuxing – Xintiandi Style – East Nanjing Road – Grandma’s Home à Joy City
JEUDI
Réveillée par ces bruits de travaux, je remarquais que depuis mon arrivée, le silence était un luxe. Cette ville est constamment bruyante. Que ce soit les travaux, les voitures (heureusement que les moteurs des deux roues sont uniquement électriques !), le métro, la foule, les vendeurs… D’ailleurs, on m’avait expliqué que du jour au lendemain, la ville avait enlevé tous les deux roues qui ne respectaient pas la règle. De nombreux chinois se sont retrouvés sans véhicule. J’avais lu article sur le confort du silence et sa rareté, ce n’était donc pas un mythe. Je suis allée au Musée des Sciences et de la Technologie qui se situe à Pudong. Similaire au Musée des Sciences à Londres et à NEMO à Amsterdam, il y avait des enfants partout mais surtout des jeux ludiques. Je flanais dans les différentes parties. Je commençais par la robotique où un robot finissait un rubik’s cube. On pouvait en challenger un sur du tir à l’arc, sur un jeu de société chinois mais aussi le voir dessiner ou jouer du piano. Il y avait même un robot qui réagissait à différentes odeurs ! Je continuais sur les ordinateurs et leur développement. Quel coup de vieux en voyant une explication sur la création des disquettes alors que les jeunes n’en ont jamais connus ! Je continuais sur le domaine du médical, de l’écologie où il y avait une petite sensibilisation sur le désastre écologique actuel, l’humain, la santé dont le sport (j’ai joué contre un gardien virtuel aux tirs au but !), l’exploration spatiale et une mini galerie sur l’art de la porcelaine chinoise.
Ensuite, je suis allée au Fake Market qui se situe face au musée. Là-bas les prix sont triplés de base par les vendeurs mais ils sont faut faire preuve de négociation à chaque fois. Bien que Marina m’avait prévenu de baisser les prix, je fus encore candide de ne pas les avoir baissé davantage. À travers les allées de contrefaçons, je fus interpelés plusieurs fois par des vendeurs me happant vers leurs magasins ou bien par des vendeurs courant après des touristes qui jugeaient trop excessifs le prix proposé. Je me souviens d’une vendeuse essayant de négocier (à très haute voix, quasiment en criant) les prix avec la calculette (le matériel must-have en cet endroit) en tenant le bras à des touristes. Le sentiment d’un attrape nigot touristique m’envahit.
Je me suis arrêtée à Lujiazui où je suis sortie sur un grand rond-point piéton en hauteur de la route. Les grattes ciels me paraissaient toujours imposants même s’ils me paraissaient moins inconnus que vendredi dernier. Plus je me rapprochais de la Perle Tower, plus je la trouvais à la fois belle et énorme. Je continuais jusqu’à Riverside Park qui longe Pudong et offre un panorama complet sur le Bund. Je fis un tour du parc jusqu’à revenir sur mes pas et prendre un goûter sur la terrasse du Starbucks. En fin d’après-midi, un chanteur guitariste animait la place, où les couples et les familles venaient contempler le coucher de soleil. Le soir, je rencontrais Estelle, la partenaire de langue de Marina dans un restaurant qui préparait des spécialités du Sichuan. Les Chinois se donnent un nom occidental, faute de pouvoir traduire le-leur dans notre alphabet. Pendant toute la soirée, je pus la questionner sur toutes les coutumes, les histoires de la Chine, les soi-disant préjugés et les « c’est vrai que ». En contrepartie, elle aussi me questionnait sur le monde occidental. Et je découvris ce soir-là, tant la diversité culturelle que sociétale rien qu’en nos deux mondes.
ITINÉRAIRE DU JOUR : Musée des Sciences et de la Technologie – Fake Market – Riverside Park – Restaurant à Hongkou
VENDREDI
Je passais toute la matinée dans les allées de Tianzifang, un petit quartier principalement dédié à la bouffe et aux souvenirs. Je suis entrée dans un marché couvert cachée par une petite entrée. L’air était aussi chaud et humide qu’à l’extérieur. Il y avait de grands étalages de fruits et légumes. En continuant mon chemin, il y avait un endroit dédié aux épices, des dizaines d’épices exposées ainsi qu’une femme qui faisait des ravioles. Puis je vis de grands étalages de viandes et de poissons dans de grands bacs blanc ou étaler à même la table. Cette image me poussa à sortir à cause de l’odeur forte qui se dégageait. Je suis sortie dans les allées de Tianzifang où je trouvais de nombreuses boutiques de gaufres hongkongaises. J’en prie une, cette fois-ci à la chantilly, une boule de glace vanillée et des morceaux d’oréos. Des restaurants, des bars, des boutiques de souvenirs (objets, thés, photos) constituaient les allées, toutes habillées de la même décoration. Il est facile de s’y perdre si on n’a pas le sens de l’orientation !
Marina me retrouvait à la station Laoximen pour manger dans un boui-boui qu’elle connaissait bien. La femme servait 20 ravioles à la ciboulette pour la modique somme de 10 kuais, alors qu’il est possible de trouver le double à 2 rues d’ici par exemple. Cette inégalité peut être perçue comme un avantage puisqu’on peut manger de tout à n’importe quel prix. Tandis qu’un groupe d’hommes se mettaient dehors pour manger, nous nous installions à l’intérieur. Serré, nous étions 6 personnes. La femme prit les ravioles puis les fit chauffer dans un énorme tonneau d’eau dehors. Malgré cette cuisson primaire et loin des règles sanitaires européennes, cela m’était égale. Leur style de vie, moins régie par ces règles, est totalement acceptable à la limite de l’hygiène évidemment. Un sentiment de honte me gagnait. Car je savais que jamais je n’aurai mangé ici si on ne m’y avait pas emmené. Pour l’unique et seule raison que la devanture et la « cuisine » ne correspondaient pas aux normes qu’on m’avait apprise. Mais depuis une semaine, j’avais mangé dans tellement d’endroits différents et vu tellement d’endroits sordides, que ce boui-boui était tout à fait normal après tout. Le mari de la femme nous offrit deux ravioles en plus. Miam !
Nous sommes allées au Parc Taipingqiao avec notre thé glacé venant du Starbucks situé dans le centre commercial à côté. Sur le chemin, je retrouvais ces dessins sur les murs que n’avaient jamais vu Marina. Nous prenions en photo nos préférés. Puis nous poursuivons dans des rues remplies de charme, derrière le centre commercial Xiantiandi où il y avait beaucoup de touristes occidentaux. En faisant un tour à l’ultime étage du centre commercial pour voir les différentes galeries de créations mode, j’ai rencontré un groupe d’étudiants en art. Ils performaient une sorte de danse au sujet des différents comportements humains qu’on retrouve dans une ville. Les étudiants comme les spectateurs, avions un casque bluetooth où les bruits de la ville rugissaient. Les étudiants s’évitaient, dansaient, créaient des effets de foules, fixaient tous une personne au hasard avec un esprit moqueur comme nous pourrions le faire dans la rue. Une sensibilisation tellement véridique que j’ai beaucoup appréciée. J’ai gardé contact avec l’une des étudiantes qui est venue me parler, au sujet de ma venue, de la France, de l’art etc. L’art rassemble, les artistes s’attirent ! (Citation créée en freestyle :3)
Le soir, nous avons rejoint Lou et ses parents, Charlotte et Eugénie ses colocataires ainsi qu’Arnaud qui nous a rejoint plus tard, au bar Wine Project dans le quartier de la Concession Française. Après quelques verres de rouge et de blanc, une petite faim s’installa. Nous marchions dans la rue jusqu’à trouver un stand improvisée de wok et de brochettes. J’ai opté pour plusieurs brochettes de tofu, de viande, des légumes, une sorte de pain. Nous mangions sur de mini-tables et chaises installées sur le trottoir. 17 kuais pour 6 brochettes. Là aussi, il fallait faire confiance à sa faim et ne pas penser à une éventuelle chia.. aigreur d’estomac. Le ventre remplie, nous filons en boite de nuit. Malheureusement nous ne restions pas très longtemps, faute de l’invité et de sa musique un peu bizarre. Nous revenons au bercail en Didi, le Uber chinois. Il faut savoir qu’Uber a dû partir de la Chine à cause des lois non-respectées mais derrière cette fausse vérité, se cache surtout que la Chine souhaitait avoir son propre Uber sur son territoire.
ITINÉRAIRE DU JOUR : Tianzifang – Autour de la station Laoximen – Parc Taioping – Bar Project Wine – Boite de nuit Le Dada
SAMEDI
Qibao, un quartier excentré de Shanghai, accessible en métro. C’est là-bas que je passais ma dernière matinée. À l’aller, une place s’était libérée dans le métro. En allant pour m’asseoir, une femme a couru pour me la prendre sous mes yeux. J’oubliais à quel point les places assises étaient un luxe ici. Mais une jeune étudiante s’est décalée pour me laisser une petite place. C’est beau l’effet papillon ! En arrivant à Qibao, je ne savais pas du tout où aller. Je savais juste que je souhaitais voir l’endroit sur la photo de mon guide Lonely Planet. Je marchais tout en regardant où je me situais sur mon application dans l’espoir de trouver le cour d’eau que je voyais sur la photo. Puis, à quelques mètres, je voyais un emplacement de l’ancienne ville sur la carte. Je décidais d’y aller par curiosité.
Ma curiosité me menait à bon port puisque c’était l’endroit que je recherchais. La vielle ville était similaire à celle de Shanghai avec son architecture traditionnelle. De longues allées perpendiculaires étaient composées de boutiques de souvenirs, de soie, d’objets en tout genre. Je passais devant une femme qui faisait des sucettes en forme de dessin à l’aide de caramel. En me retournant, je percutais de plein fouet un homme qui n’a pas eu la peine de se retourner pour s’excuser ou au moins entendre mes excuses. L’inertie totale.
Après quelques souvenirs achetés, je continuais tout droit pour voir jusqu’où cela pourrait me mener. Surprise, j’arrivais à l’endroit où la photo a été prise dans mon guide ! Le pont séparait les boutiques d’objets et les boutiques de bouffe. Les stands se ressemblaient mais la nourriture proposée était une nouvelle découverte à chaque fois. Parfois je retrouvais des baozi ou des ravioles. Finalement, j’optais pour des galettes un peu gluantes mais délicieuses avant de faire un tour au centre commercial à côté de la station de métro.
Je retrouvais Marina au M50. La station de métro la plus proche –Laoximen- est à 20 minutes à pied du lieu. Sur le trajet, la ville vivait à son rythme : un tuc tuc à l’affût pour embarquer des touristes, des élèves en uniforme, des ouvriers, du linge qui sèche dans la rue et des policiers devant leur téléphone. J’ai voulu les prendre sur le fait mais ils m’ont vu. Leur réaction ? Faire comme si rien n’était en regardant autour d’eux si tout allait bien. Je pensais que le M50 était un immense musée d’art mais en réalité, c’est un tout petit endroit –comme un quartier- avec de nombreuses galeries d’artistes indépendants. Il y en a pour tous les styles artistiques. J’ai craqué pour l’œuvre d’un artiste nommé Mangzi Tian. Un portrait de Mao avec tout ce qui retrace et définit la Chine. Après cette excursion artistique, il était temps de rentrer pour se préparer à la sortie du soir. Petit détour à Joy City pour prendre une dernière gaufre hongkongaise. C’était IMPENSABLE de partir sans une dernière bouchée ! Avant de rejoindre Ghislain et les 2 autres colocataires de l’appartement, Bukeka qui vient d’Afrique du Sud et Adam d’Australie, nous sommes allées sur le Bund. Après tout, je ne pouvais pas quitter ma skyline sans un dernier au revoir ! Nous dînons dans un restaurant vietnamien Pho Sizzling, situé à East Nanjing Road. Au cours du repas, nous discutions sur plusieurs sujets dont le racisme en Chine. Bukeka qui enseigne l’anglais à de petits chinois nous a raconté des anecdotes aussi étonnantes qu’alarmantes. La 1ère était un petit chinois qui lui avait dit que plus on avait la peau foncée, plus cela voulait dire qu’on ne se lavait pas. Il tenait ses propos de sa mère. La seconde était que Bukeka faisait toucher parfois sa peau à ses élèves pour leur montrer qu’il n’y avait que la couleur qui changeait, pas la texture. Puis Slim, le petit ami de Marina me montra une publicité qui fut très virale à cause du racisme évoqué. Durant le dîner, Ghislain sorta une citation d’un comique, Un Chinois Marrant. Il disait « C’est pas nous les bridés, c’est vous les hibous avec vos grands yeux car nous, nous sommes 1.3 milliards ». C’était la cerise sur le gâteau pour ma réflexion sur la place de l’Asie à travers le monde et notamment l’Europe. Après ce repas très copieux avec des camarades très rieurs, nous repartions à l’appartement. Il était temps de faire la valise. Le lendemain je repartais en France.
ITINÉRAIRE DU JOUR : Qibao – M50 – JoyCity – Le Bund – Pho Sizzling
MERCI Merci à ces étudiants amoureux de l’Asie qui m’ont fait visiter Hangzhou et Shanghai avec passion. La Chine est un monde totalement à part où il faut se laisser immerger sans a priori pour le comprendre et l’apprécier. Durant mon séjour, vous m’avez demandé si j’aimais la Chine. J’étais incapable de vous répondre parce que j’ai vécu 10 jours dans l’adrénaline, la découverte et la fascination. Mais aujourd’hui, je peux vous dire que ce pays ainsi que la culture asiatique m’ont fortement inspiré et plu. Et ce fameux public qui était très ému selon Arnaud, n’est autre que moi. Merci à toi Marina de m’avoir offert cette opportunité. Je ne serai jamais assez reconnaissante de cette expérience extraordinaire avec toi. Après Clermont-Ferrand, Venise et Shanghai, où allons-nous mon amie ? Et si je n’existais pas, il faudrait m’inventer tu disais. Mais si tu n’existais pas, je n’aurai pas cette amitié unique en son genre. Marina, Mathilde, Mathias, Lou et ses parents, Arnaud , Ophélie, Juliette, Eugénie, Slim, Bukeka, Charlotte, Juliette, Estelle et Sissi.

Mai 2017

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