Pourquoi j’ai décidé de partir ?

Un, et puis deux, et puis trois..

Voyager le temps d’un weekend, de quelques mois, d’années, ou démarrer une nouvelle vie à l’autre bout du monde, il n’y a qu’un choix. Quelques weekends dans plusieurs capitales européennes et des grandes villes françaises, une dizaine de jours vers les Dieux grecques, l’Asie et New-York. Mon plus long séjour était de 3 mois à Porto pour un stage de fin d’études. Beaucoup de destinations, en plus de mon parcours scolaire qui ne me faisait pas rester plus de 3 ans dans une même ville durant mes études : Vichy, Clermont-Ferrand, Lyon. Aujourd’hui j’en ajoute une de plus. À Montréal durant 1 an pour accomplir mon premier job. J’ai 23 ans et j’ai pas mal bougé. Ce n’est qu’une question de choix.

Mon premier voyage hors de France a été tardif si j’en crois mes copains de lycée qui avaient déjà traversé la Manche au collège. J’ai attendu le lycée pour franchir une frontière. Celle de l’Italie en direction de la Cité des amoureux, Venise. Depuis 2014, je réalise un voyage par an. Ce n’était pas du tout un objectif mais c’est comme les tatouages, une fois que vous êtes piqués, vous voulez recommencer et vous vous en donnez les moyens. Je me suis créée les opportunités avec de la rigueur et je les ai attrapées avec détermination quand on me les a offertes. Voyager n’est pas un privilège mais une opportunité. Et ça, peu de gens le comprennent quand j’entends pour la énième fois que j’ai beaucoup de chance. C’est vrai mais derrière cette chance se cache beaucoup de choses dont il faut faire preuve : le courage et la solitude.

Je vis actuellement à 6000 km de ma famille et de mes proches. Une belle opportunité m’a été offerte et je n’ai pas hésité une seule seconde à dire oui. J’ai quitté mes proches dont ma petite amie, laissée en sanglot sur le quai de la gare. Malgré l’intensité de mon coeur qui se compressai, je n’ai jamais été aussi amoureuse d’elle.  À chaque long voyage, l’histoire se répète. Mon coeur se décuple pour aimer plus fort. Parce que je réalise de quoi je m’éloigne tout en étant excitée de voir ce que je vais découvrir. Cela vous semble incompréhensible je sais. Pourquoi quitter sa zone de confort pour se retrouver seule sur une terre inconnue ? Justement, c’est en la quittant que je suis devenue de plus en plus consciente du confort que j’ai eu et que je continue d’avoir. Si je n’avais pas vu la vie la condition de certains employés en Chine ou le passage de la crise en Grèce, je ne sais pas si j’aurai eu l’immense gratitude que j’ai aujourd’hui. L’Histoire et la culture de l’Homme sont souvent oubliées dans la routine du quotidien. En allant à Berlin, j’ai senti la terrible époque de la seconde guerre mondiale mieux que sur mes livres scolaires, Venise m’a changé la perception que j’avais de l’architecture. J’ai réalisé mon rêve en prenant plein les yeux à la Big Apple et j’ai littéralement découvert une nouvelle culture en Asie, notamment via les paysages à Hangzhou ou l’urbanisation de Shanghai. Et tout cet émerveillement culturel se lie avec une seconde chose : l’émerveillement de soi. Et qu’est-ce que c’est kiffant !

Une expérience qui reste unique personellement

Le voyage a forgé ma personnalité et m’a construit telle que je suis aujourd’hui. Ce processus d’accomplissement de soi est constant. Toutes ces aventures m’ont fait découvrir et apprendre plus de choses qu’une vie bien rangée. Pour le moment, je refuse de vivre une routine où mon monde serait seulement mon quotidien. Et vous ne comprenez peut-être pas car il y a un fossé entre ceux qui n’ont jamais voyagé et ceux qui l’ont fait. C’est comme quand j’essayais de décrire l’intensité de mes 3 mois en Erasmus à Porto, impossible de trouver les mots. Pas par manque de vocabulaire mais parce que ces choses sont faites pour être seulement vécues. Il est très dur de raconter un voyage. En fait, c’est peut-être la partie la plus frustrante lors d’un retour. Alors on répond vaguement, on évoque quelques souvenirs pour essayer d’illustrer notre émerveillement à cet instant. Divisé entre la nostalgie et l’incapacité à transcrire cet instant, on prend notre réponse comme une réponse hautaine. Et ça peut parfois énerver…

Quand on voyage, il se passe tellement d’interactions, d’émotions, de leçons qui nous transforment et nous illumine. Cette lueur, c’est de l’émerveillement et il m’en faudra toujours un peu. En délaissant mes proches, je me suis aussi délaissée dans l’inconnu. Il m’a offert un meilleur moi : chaque voyage nous transforme et chaque ville emporte un morceau de nous que nos proches ne retrouveront plus. Comme un trait de notre personnalité qui s’efface pour en ajouter un nouveau. On ne revient jamais comme avant vers nos proches, jamais. Plus tolérant, plus souriant, plus vivant ou ci ou ça. Moins timide, Moins négatif. etc. Ou simplement ce petit quelque chose qui fait qu’on nous sent différent. En revenant de mes aventures, j’ai progressivement compris que les nouvelles banales, la petite routine chez mes parents, étaient des repères essentiels pour se sentir chez soi. Et c’est ainsi que j’ai réalisé l’importance d’un foyer, d’un chez soi et de profiter de ce retour apaisant. Avant de repartir !

Il m’est arrivé de ressentir de la solitude. Elle vous gagne sur un détail. J’ai ressenti la solitude en atterrissant à Montréal, seule parmi des centaines de passagers mais paradoxalement j’ai su qu’une belle aventure démarrait. J’ai ressenti la solitude, assise sur un banc face à Shanghai mais paradoxalement c’est à ce moment-là que j’ai réalisé à quel point mes parents étaient importants et tout ce dont ils ont fait pour moi. Croiser des amoureux dans le métro peut mettre le cafard mais j’ai l’entière conviction que lorsque je reverrai ma copine, c’est avec tout mon coeur que je savourerai ce moment. Voyager n’est pas juste chiller, c’est avoir aussi des moments de solitude qui nous rendent plus vivants : nous aimons davantage, nos pensées sont plus authentiques et nous profitons davantage du moment présent. Vous êtes à la fois fier et seul, un sentiment mélangé par l’accomplissement de votre chemin et par le manque de ce que vous laissez derrière vous. Comment peut-on prétendre apprécier ses proches si on est toujours à des milliers de km d’eux ? Parce qu’on pense à vous et qu’on a conscience de votre importance. C’est là que les propos de mon oncle prennent tout son sens. « J’ai fait une prière pour toi. Par la pensée. Rien n’est plus important que la pensée car je suis avec toi avec mon coeur, même si physiquement je ne suis pas là. Il y a des gens qui se côtoient, qui croient s’aimer en étant ensemble tous les jours alors qu’ils ne pensent pas, pas aussi fort que ceux qui pensent. La pensée est puissante. Si je pense, c’est que je ne t’oublie pas » (Ça nous vous rappelle pas le film d’animation Coco ? Meilleur film d’animation !) Les voyages m’ont fait réaliser l’importance de l’instant présent et de mes proches. Si je suis loin d’eux, c’est parce que j’ai besoin de cette lueur pour vivre dans ce monde et qu’autant qu’eux que moi savons que notre lien ne sera brisé par les kilomètres.

Way of life

Le voyage est pour moi un moyen d’accomplir ma vie, me rendre meilleure. J’ai besoin de découvrir une autre culture que la mienne, de ressentir le partage et la joie avec d’autres, de me challenger dans des territoires totalement inconnus, d’apprendre ce que je ne connais pas encore et de vivre avec ces émotions si intenses à travers tout ce dont un voyage est composé. Voilà pourquoi j’ai décidé de voyager et que je continuerai. Jusqu’au jour où j’apprécierai de me poser un peu plus longtemps mais jamais éternellement.

Et vous, le voyage c’est quoi pour vous ? Une façon de vous couper un peu du monde un court instant ou une vraie passion pour découvrir d’autres horizons ?

P.S : Vous aimez bien mon petit photo-montage ? Dites-le moi en commentaire !

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